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Vocabulaire de saison

Vous n’allez pas y échapper, c’est la période des spectacles de fin d’années. Au catéchisme, à l’école ou dans la rue, il y aura bien quelqu’un pour vous présenter un divertissement joué sur une scène ! Mais attention, il ne s’agit pas d’une « scénette », mais bien plutôt d’une saynète de Noël ! On ne doit pas faire cette erreur d’orthographe commune !

Une fois applaudie, cette performance d’acteur, vous ne résisterez pas aux appels du vendeur ambulant « Chauds les marrons, chauds ! » C’est bien lui qui « tire les marrons du feu », celui qui, au sens propre, se brûle et souffre au profit des gourmands qui ne demandent qu’à se régaler. L’expression « tirer les marrons du feu » exprime, au sens figuré, le fait de prendre des risques ou même de se mettre en danger au bénéfice d’autrui.

Avec l’arrivée des premiers froids, c’est aussi celle des rhumes ! Alors quoi de mieux qu’un grog au rhum ! Quel drôle de mot, que ce gargarisme lexical qui semble venir du plus profond d’une gorge enrouée ! Son histoire est tout aussi étonnante. Elle remonte à l’année 1740, lorsqu’un amiral anglais, agacé de voir ses marins se noyer dans le rhum lors de leurs escales aux Antilles, décida que les breuvages alcoolisés soient dilués. Le marin chevronné avait l’habitude de se vêtir d’un veston en tissu grossier « Gros grain », dont la prononciation anglaise se transforma en « grogram ».   Le matelot fut alors surnommé Old Grogram, puis Old Grog, le vieux Grog. Sa préconisation du rhum coupé d’eau pris alors, le surnom de « Grog » en référence à son inventeur.

Si le grog vous a un peu assommé (groggy !), prenez place dans votre sofa. Mais savez-vous quel est le lien entre votre douillet canapé et un moustique ? En grec, le moustique qui s’agite autour de votre visage, vous agace et vous pique, se dit » Hônôps ». Pour se défendre contre les assauts des moustiques, les Grecs mirent au point la première moustiquaire ou « Kônopeion », qui fut reprise chez les Romains en tant que « conopeum », qui signifie alors, « rideau de lit » puis « lit entouré » d’une moustiquaire. Au milieu du XVIIe siècle, le « canapé » est un lit muni d’un dossier à chaque extrémité. Aujourd’hui, sa forme a légèrement évolué, mais son usage n’a pas presque pas changé puisqu’on peut s’y asseoir, ou se laisser aller au sommeil tout en contemplant le feu dans le poêle. Attention, le poêle ou chauffage d’appoint pour cet hiver de restriction, tout comme la poêle d’où vous tirerez les marrons du feu, se prononcent « poual » et non « pouèl » !

Axelle Rousse_Redacxelle

Femme fatale aux courbes si parfaites qu’indicibles, je reste au foyer pour éviter les paparazzi et mener une vie tranquille loin des projecteurs. J’en profite pour cultiver mes neurones et m’intéresser à tout et n’importe quoi. Mes madeleines préférées sont la grammaire française, la littérature, la musique savante et la pédagogie.

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