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Quand les sots ne mangent pas tout le poulet

Miam! A moi les sot-l’y-laisse

Sur fond de bataille culinaire, je vous parlerai aujourd’hui d’une expression relative à l’anatomie du poulet.

Qu’il soit rôti, au pot ou accommodé de toute autre manière, le poulet possède des sot-l’y-laisse. Oui, mais voilà les gastronomes et autres gourmands ne sont pas tous d’accord sur la partie comestible que cette expression désigne. Et qui est responsable en partie de ce désaccord ? Et bien c’est Robert. Oui, j’ose l’avouer le Grand Robert a induit en erreur de nombreux lecteurs assidus ! (Comment ça ? Vous ne lisez pas avec assiduité le dictionnaire du Grand Robert ?). Il donne une définition du sot-l’y-laisse qui peut prêter à confusion ou à interprétation. Écoutez plutôt. Oups…lisez : « Morceau de chair très fine, de chaque côté de la carcasse d’une volaille, au-dessus du croupion (assez peu apparente pour que « le sot l’y laisse » par ignorance »

Certains comprennent donc que le sot-l’y-laisse est le croupion, cette espèce de queue qui forme une excroissance à l’extrémité de votre poulet rôti. Pour d’autres, dont je fais partie, il s’agit de deux morceaux de chair fine et exquise de forme ovale que l’on trouve à droite et à gauche de l’échine du pauvre gallinacé déplumé et couché dans votre plat du dimanche.

Alors qui croire et comment chasser le doute ? Eh bien justement c’est un livre de chasse composé entre 1387 et 1389 par Gaston Phébus qui pourrait bien départager nos papilles pas trop sottes. On y lit dans le chapitre 40 que « le fol l’i laisse » est « la chair entre la poitrine et les épaules du cerf ».  Fol ou sot ? C’est un peu la même chose. Mais aucune mention d’un croupion…Bon c’est un peu normal parce que le cerf n’en possède pas… mais si on transpose cette définition au poulet, ça colle bien : les sot-l’y laisse se trouveraient bien là où je les imagine, c’est-à-dire bien en amont du croupion.

Et chez vous, on les mange les sot-l’y-laisse ? D’un autre côté si vous me dites que vous les laissez…euh….

Axelle Rousse_Redacxelle

Femme fatale aux courbes si parfaites qu’indicibles, je reste au foyer pour éviter les paparazzi et mener une vie tranquille loin des projecteurs. J’en profite pour cultiver mes neurones et m’intéresser à tout et n’importe quoi. Mes madeleines préférées sont la grammaire française, la littérature, la musique savante et la pédagogie.

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