Les grottes de Barabar

Les contes des 1001 nuits, regorgent de lieux merveilleux et exotiques ; cités mythiques comme Bagdad, Damas, Le Caire, ou encore des lieux imaginaires comme la cité de cuivre. On y découvre des îles perdues, sur des mers enchantées, et on traverse des montagnes de diamants et autre minéraux précieux… On entrent dans les palais des sultans où les jardins luxuriants et les harems deviennent des théâtres d’intrigues, d’amour et de magie.

Mais savez-vous qu’en dehors des contes, c’est à dire dans la vraie vie, on trouve encore en Inde des lieux magiques au secret bien gardé !

C’est le cas des grottes de Barabar (en hindi : बराबर गुफाएँ), les plus anciennes grottes creusées dans la roche qui subsistent en Inde. Elles remontent au IIIe siècle av. J.-C., à la période Maurya et à l’époque de l’empereur Ashoka (qui régna entre 273 et 232 av. J.-C.).

Les grottes de Barabar forment un ensemble de quatre cavités creusées dans la colline du même nom. Elles se trouvent à environ 25 km à vol d’oiseau (31 km en voiture) au nord de Gaya, au pied du mont Siddheshwar, haut d’environ 300 m, l’un des contreforts les plus septentrionaux des monts Vindhyas, à la jonction avec la plaine du Gange, sur lequel se trouvent un temple dédié à Shiva, divers reliefs rocheux et des traces de fortifications. Depuis 1986, la région appartient au nouveau district de Jehanabad.

Les grottes ont été découvertes par les Européens dès le début du XIXe siècle, mais ce n’est qu’après la visite de l’indianiste Alexander Cunningham en 1868 et la publication de ses travaux qu’elles ont été portées à la connaissance d’un large public.


Les grottes creusées dans les rochers de granit naturels sont des chambres assez simples, dont certaines sont restées inachevées. Les surfaces en pierre naturelle des murs et des plafonds, polies avec le plus grand soin et brillantes, sont impressionnantes. Creusées dans un granite d’une dureté remarquable, les grottes présentent un polissage intérieur d’une finesse exceptionnelle : leurs parois lisses, presque miroitantes, renvoient la lumière et produisent un écho saisissant. Ce travail de surface évoque le poli caractéristique de la statuaire maurya, particulièrement perceptible sur les célèbres piliers et chapiteaux d’Ashoka.

Comme le souligne l’archéologue John Marshall, « la perfection et la précision extraordinaires propres à l’art des Mauryas n’ont jamais été égalées, pas même par les chefs-d’œuvre des temples d’Athènes. »

Crédits photographiques : Par Photo Dharma from Penang, Malaysia — Detail of, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=68847996

By Klaus-Norbert – Detail of, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=68870106

A propos de l'auteur

Axelle Rousse_Redacxelle

Femme fatale aux courbes si parfaites qu’indicibles, je reste au foyer pour éviter les paparazzi et mener une vie tranquille loin des projecteurs. J’en profite pour cultiver mes neurones et m’intéresser à tout et n’importe quoi. Mes madeleines préférées sont la grammaire française, la littérature, la musique savante et la pédagogie.

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