Pourquoi les chirurgiens ont des blouses vertes ou bleues ?

Operating_theatreAinsi que l’intégralité de la salle d’opération, d’ailleurs. Sans grande surprise, l’explication a à voir avec nos yeux. En effet, la rétine de notre œil est composée de bâtonnets qui sont sollicités lorsque la luminosité est faible et de cônes qui eux tournent à plein régime à luminosité normale. Chez l’homme, il existe trois types de cônes d’une sensibilité différente suivant les couleurs rouge, vert et bleu. Les cônes sensibles au rouge sont les plus nombreuses, suivi des cônes sensibles au vert, et enfin au bleu. C’est d’ailleurs pour ça que le rouge capte plus facilement notre attention que les autres couleurs. Au passage, vous aurez deviné que les daltoniens souffrent d’un mauvais fonctionnement d’un ou de plusieurs types de leurs cônes.

Notre perception des couleurs vient donc des actions combinées des cônes. Ainsi, pour voir du violet les cônes “rouges” et “bleus” seront mis à contribution (pour être honnête, c’est un peu réducteur par rapport à ce que j’ai lu, mais je ne crois pas utile de trop entrer dans les détails ici). Ainsi, avoir une salle d’opération intégralement en vert ou bleu permet à l’œil des chirurgiens de se concentrer sur le rouge, à savoir le sang, la chair, les organes… Une salle en jaune canari ferait certes bien funky-seventies mais occuperait les cônes “verts” et “rouges”. Ces derniers seraient donc moins reposés et moins concentrés sur le rouge.

De la même manière, vous ne vous êtes jamais demandés pourquoi les gradins et plaques de pub à Roland Garros sont en vert ? Pour mieux se concentrer sur le court de terre battue rouge…

A propos de l'auteur

Kae

Kae est un petit hibou curieux de (presque) tout et contribue de temps en temps au site www.culture-generale.fr quand son emploi du temps le lui permet. Il a comme principal intérêt des questions liées de près ou de loin à la science mais reste ouvert et intéressé par bien d'autres choses.

Comme tous les hiboux, il n'est pas infaillible, même dans son domaine de prédilection. Il prie donc le lecteur de se montrer indulgent envers ses articles mais sera toujours heureux de voir des commentaires soulignant des erreurs ou apportant des précisions !

24 commentaires

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  • “De la même manière, vous ne vous êtes jamais demandés pourquoi les gradins et plaques de pub à Roland Garros sont en vert ? ”

    Parce que c’est la BNP qui sponsorise ?? 😉

  • Bien tenté mais non :-p Y’a aussi Peugeot, Afflelou, FedEx, … Et puis c’est pas le même vert que celui de la BNP. Leur propre logo est modifié pour Roland Garros.

  • Non, pour moi il n’y a rien d’évident ni de logique dans cette explication. Pourquoi pas du blanc tout simplement ? Le rouge s’y voit évidemment mieux que sur du vert (surtout du vert pisseux) ! Mais parce que ce n’est plus à la mode voyons et qu’on croit toujours devoir tout changer, tout remplacer, tout moderniser…

  • La réponse est pourtant évidente : un patient dans une salle d’op est placé sous un puissant éclairage, or le blanc est la “couleur” qui réfléchit le mieux la lumière. Une salle d’op et des vêtements blancs seraient ainsi aveuglants. Comme je l’énonce dans l’article, le but n’est pas de s’exploser les yeux, mais au contraire de se les reposer…

  • Très intéressant! Et effectivement l’explication est pleine de logique. J’adore que l’on réponde à des questions que je ne me suis pas encore posé! 😀

  • C’est donc par pur contraste que le vert est utilisée dans une salle de chirurgie. Le rouge (partie opérée est donc plus visible) et des que l’oeil du chirurgien s’en écarte ce dernier repose son oeil. Cela fait partie intégrante des premier cours de couleur dans les écoles des beaux arts et l’exemple de la salle de chirurgie en est l’un des meilleur exemple donne aux étudiants. Pour expérience physiologique prenez donc une spot, lumière colorée rouge et regardé donc de quelle couleur est son ombre projetée de l’autre cote de la pièce. Verte! Non sans blagues?

  • Cher Denis, en plus d’être suffisants, tes commentaires sont bourrés d’erreurs, et pourtant, pour dire la même chose que l’article !

    Contrairement à ce que tu dis dans ta première phrase, le vert n’est pas la couleur complémentaire du rouge. Sur un vrai cercle chromatique (pas celui que tu nous donnes en lien qui essaye de ressembler à un cercle chromatique), les trois couleurs primaires rouge vert bleu se trouvent à 120 degrés l’une de l’autre. Il en est de même pour les trois couleurs secondaires que sont le magenta, le cyan et le jaune. La couleur complémentaire du vert, c’est à dire celle qui se trouve en face d’elle sur le cercle, est dont le magenta, pas le rouge.

    Étrange car tu corriges le tir dans ta deuxième phrase. Mais qu’importe : pourquoi comparer ici une couleur primaire avec une couleur secondaire ? On s’en fout donc que le magenta, pas directement perçu par les bâtonnets de l’œil humain, se trouve en face du vert dans le cercle chromatique.

    Ton second commentaire reprend ce qui est écrit dans l’article. Seulement tu n’es visiblement pas allé plus loin que tes cours de beaux arts dans la réflexion, sans te demander pourquoi les couleurs primaires sont primaire et les secondaires sont secondaires. Si les couleurs primaires sont primaires, c’est parce qu’elles correspondent aux couleurs directement perçues par nos bâtonnets. Quant à ton exemple avec un spot lumineux, il est inintelligible.

  • Excusez moi si vous trouvez des erreurs orthographiques, car mon clavier est le clavier d’un ordinateur anglo-saxon ne comprenant pas les accents français. Je ne suis pas français et fait malheureusement toujours des fautes d’étourderie.

    Je ne souhaitais pas vraiment dire la meme choses que l’article mais seulement mettre a avant le fait que l’enseignement artistiques propédeutiques dans les écoles supérieures ont un trimestre uniquement consacré à la couleur, à la perception des couleurs et au contrâstes colorés. Celui le plus intéressant est celui traitant des contrastes complémentaires et de la structure de l’œil. L’art et la science, la physique et la chimie ont toujours été étroitement liés

    J’aurais effectivement du spécifier rouge ‘PRIMAIRE’ dans mon precedent commentaire. Le cercle chromatique n’est pas inexact puisque le rouge primaire et le rouge magenta sont les même autant que le bleu primaire et le bleue Cyan sont également la même chose. Les tubes de peinture de gouache et d’acrylique utilisés par nos enfants le stipulent assez bien sur leurs emballages. Le jaune est quand a lui appelé jaune primaire. Cela replace donc les couleurs complémentaires dans le cercle chromatique à 180 degrés et en pure opposition.

    En imprimerie on utilise les couleurs primaires et le noir CMJN Cyan/Magenta/Jaune/Noir et c’est leur synthèse additive, par l’impression de petits points plus ou moins rapprochés les uns des autres, que l’on obtient la gamme de toutes les autres couleurs. Etant des petits point c’est une sensation colorée que nous percevons mais c’est couleurs ne sont pourtant pas mélangées sur la surface du papier (une loupe est suffisante pour regarder l’impression d’une couverture de magasine).

    Je ne comprends pas pourquoi l’expérience du spot lumineux serait inintelligible. Les cours professionnels sur la lumière, dans les métiers du spectacle s’appuis énormément sur l’apparition d’une ombre portée en couleur complémentaire lorsqu’on utilise un éclairage coloré. Les éclairagistes de scènes et de spectacles utilisent ces phénomènes pour créer des ambiances colorées complexes. Avec un seul éclairage rouge on obtient donc une ombre portée opposée verte. Une couleur est physiologiquement toujours accompagnée de sa couleur complémentaire.

    Revenons a nos moutons, a la salle de chirurgie et soyons donc plus ludiques et plus sereins:

    Lors d’une stimulation, les cônes changent de forme et transmettent l’information au cortex visuel. Mais à force d’être continuellement stimulés, les cônes arrivent à saturation et ne répondent plus à l’excitation. Pour y remédier, il suffit que les yeux fixent une autre couleur ne faisant pas intervenir les pigments excités : les cônes reprennent alors leur forme d’origine et redeviennent excitables. Or, en pratiquant des opérations, les chirurgiens saturent leurs cônes sensibles au rouge en fixant le sang pendant de longues minutes. Il faut donc qu’ils fixent une couleur qui ne stimule pas les mêmes cônes. Ainsi, en jetant des regards sur un tissu au valeurs colorées vertes, gamme colorée complémentaires des valeurs colorées rouges, ils permettent à leurs cônes désensibilisés de se reposer avant de revenir sur la plaie et donc a nouveau sur la couleur aux valeurs colorées rouges.
    L’ autre avantage moins scientifique mais tout de même logique et qui de plus rejoint les expérience des cours propédeutiques en cursus artistique, est que par synthèse additive le rouge mélangé au vert crée un gris neutre. Le rouge sur un tissu vert n’est ni rouge, ni vert mais devient un gris sombre appelé gris neutre.

    Si les salles de chirurgie étaient blanches elle serait gênantes pour l’œil et le travail du chirurgien. En effet le focus de l’œil trop prolongé sur la couleur rouge sur fond blanc (uniquement le rouge est donc dans ce cas renvoyé a l’œil) peut conduire à l’apparition très probable d’une tache, un fantôme coloré vert relativement gênent sur les surfaces blanches.
    Ce fantôme vert pourraient apparaître et rester figé si le chirurgien déplaçait son regard du corps rougeâtre à quelque chose de blanc, comme un champ opératoire ou la tenue d’albâtre d’une anesthésiste. L’image serrait relativement gênantes car elle suivrait le regard du chirurgien là où il poserait son regard et le gênerais énormément dans son travail. En entourant le chirurgien de vert on neutralise et évite cet effet désagréable et déssature immédiatement sa vision de la couleur rouge.

    Cela ce nomme la persistance rétinienne. La persistance rétinienne est la capacité ou défaut de l’œil à conserver une image vue superposée aux images que l’on est en train de voir. Elle est plus forte et plus longue si l’image observée est lumineuse et si le l’environnement est blanc. Ceci est dû en partie au temps de traitement biochimique du signal optique.
    Dans le cas du chirurgien travaillant dans un univers blanc on aurait alors à faire a la persistance rétinienne négative, qui dure longtemps. Elle est due à une exposition prolongée à une forte intensité lumineuse qui a saturé les bâtonnets. On garde ensuite imprimée une trace en couleur complémentaire de l’image dans la vision durant plusieurs secondes.
    Cet effet est le mémé lorsqu’on regarde le soleil orange et que l’on se retrouve gêné par un fantôme coloré bleue (ca complémentaire). C’est identique si l’on est éblouie par un flash d’appareil photo qui émet une lumière blanche et résulte en une tache noire, persistance rétinienne noire.

    Concernant les gris neutres si vous voulais vous amuser:
    Une couleur primaire mélangée a sa complémentaire, donne par addition un gris neutre. Ceci est donc valable si l’on mélange du jaune primaire et du violet, du rouge primaire magenta et du vert ainsi que du bleue primaire Cyan avec du orange. Pour êtres donc plus précis 50% de la couleur primaire plus 25% des deux autres couleurs primaires donne un gris neutre. 100% de chaque donne si cela est fait avec grande précision du noir.


  • Cher Denis, je pense que tu as remporté la palme du commentaire le plus long et complet du site. ^^

    Avant tout, je pense que je te dois des excuses. J’ai cru que ton commentaire était volontairement ironique mais il semble que j’ai mal interprété. Toutes mes excuses donc pour cette méprise, et ne te fais pas de soucis pour ton français : j’aimerai pouvoir m’exprimer en anglais aussi bien !

    Merci pour ton commentaire aussi intéressant que complet. Je vois finalement qu’il n’était en rien désobligeant et apporte des précisions utiles à l’article. J’en profite pour corriger le tir de mon précédent commentaire où je parlais de bâtonnet au lieu de cônes (je déteste l’inexactitude, surtout si ça vient de moi).

    Sans rancune j’espère, et au plaisir de te relire sur le blog !

  • On en déduit donc que le sang devrait être… Bonne question, je crois que n’importe quelle autre couleur conviendrait, cependant un autre détail me semble important (me semble, hein^^), c’est juste pour rajouter la notion de valeur :
    En fait, ce que tu essaies d’expliquer c’est que la couleur doit faire un contraste important avec le décor tout en gardant une valeur suffisamment faible pour ne pas abimer l’oeil et même le reposer. J’ai bon ?
    Bonne continuation 🙂
    (ps : à quand ce sujet sur la topologie ? nb sommets – nb arrêtes + faces = dimension -1 ^^)

  • Très intéressant cet article et admirablement completé par les commentaires de Denis ! Et tout comme Kae, j’aimerai moi aussi pouvoir m’exprimer aussi bien en anglais !

  • Je constate, avec surprise, que des commentaires sensés rétablir une vérité quant aux couleurs, sont erronés. Les couleurs primaires sont: bleu, rouge, jaune. Le vert est une couleur secondaire correspondant au mélange du bleu et du jaune. La différence entre les couleurs primaires et les couleurs secondaires, c’est que les unes ne s’obtiennent pas par des mélanges, ce sont des couleurs pures ou, primaires. Voilà ce qu’il fallait dire!

  • Bonjour,
    je pense que vous confondez les lumières et la peinture.
    En physique, les couleurs primaires sont bien rouge-vert-bleu. Le magenta n’est pas primaire mais secondaire (rouge+bleu). Avec les lumières, si vous superposez du vert et du rouge, ça ne fait pas du gris mais du jaune (lumière secondaire). Le vert n’est pas la couleur complémentaire du rouge puisque ce sont deux couleurs primaires et si vous superposez du jaune et du bleu, vous obtenez du blanc et non du vert parce que en peinture je sais pas, mais en lumière : jaune (=vert + rouge) + bleu = vert + rouge + bleu = blanc (en lumière hein !) et pas noir. Le noir est une absence de couleur. La lumière blanche contient toutes les lumières couleurées et peut s’obtenir pas superposition des trois lumières primaires (ou des trois lumières secondaires, ça marche aussi puisqu’on on y retrouve alors les trois lumières primaires)
    Denis, si je ne me trompe pas, dans ton commentaire tu mélanges des considérations de peinture et de lumière.
    C’est par contre vrai à mon sens que la salle de chirurgie verte permet de reposer les cônes rouges de l’oeil. Peut-être aurait-on pu utiliser aussi une salle bleue qui aurait sollicité les cônes bleus (3ème couleur primaire en lumière qui ne ferra donc à coup sur pas intervenir les cônes rouges)
    Enfin, pour moi, en physique, une ombre est toujours noire : ombre = (dans le cas idéal) zone de l’espace où la lumière n’arrive pas. Mais peut-être que je me trompe…

  • Bonjour Damien,

    J’ai bien peur de ne pas me tromper, ayant pris des cours de couleurs et fait des exercises pendant plusieurs années. Mon travail de photographe et graphiste demande de calibrer précisément son écran d’ordinateur avec le mode coloré le plus approprié et de les comprendres. Il me semble que vous confondez la synthèse soustractive et la synthèse additive. La couleur RVB produite par un écran et la couleur CMJN que l’on voit. De la même manière, si mon travail est de créer un site internet je travaillerais sur mon logiciel de design graphique en mode RVB puisque le site internet sera reproduit sur un écran et si mon travail consiste a créer un document graphique devant être imprimé en imprimerie, alors je travaillerai dans ce cas en mode CMJN. La synthèse soustractive (RVB) est celle produite par un écran et la synthèse additive (CMJN) est celle que l’on voit sur les matériaux physique. Cet exercice ludique permet d’aider à faire la différence: http://www.assistancescolaire.com/eleve/1ES/ens_sciences/travailler-sur-des-sujets-du-bac/synthese-additive-et-synthese-soustractive-juin-2013-1_scirde17

  • Bonjour Denis,

    je n’ai parlé moi que de la synthèse additive (j’ai pas mentionné son nom, c’est vrai) c’est à dire de celle qui a trait aux lumières, donc effectivement celle qui est mise en jeu pour obtenir une lumière colorée avec votre écran d’ordinateur (RVB).

    La synthèse soustractive, je ne connais pas, je crois juste savoir qu’il s’agit de former de la couleur – comme en peinture ou en impression, mais on parle de couleur pas de lumière colorée – en combinant l’effet d’absorption de chacune (chaque couleur absorbe certaines lumières colorées et en diffuse d’autres). Et effectivement, en synthèse soustractive, les couleurs primaires sont cyan, jaune et magenta (qui sont en synthèse additive des lumières secondaires, les lumières primaires étant verte, bleue et rouge)

    Une fois que par synthèse soustractive, vous avez obtenu votre vert hôpital (jamais très chaleureux au passage =) ), ce qui est intéressant est que la couleur verte diffuse la lumière verte et absorbe les autres lumière colorées (très schématique tout ça…la couleur verte diffuse plusieurs lumières colorées dont l’ensemble est perçu comme étant vert par le cerveau. Mais si la couleur verte est bien calibrée, elle ne diffusera aucune lumière rouge ni bleue et donc les cônes rouges et bleu ne seront pas sollicité pendant l’intervention chirurgicale.)

    L’exercice que vous proposez fait appel pour certaines questions à des connaissance en synthèse additive et pour d’autres à des connaissances en synthèse soustractive =)

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