Jeux dangereux

Je me souviens, année 1980 pour être plus précis, j’avais hérité  (je l’empruntais surtout quand j’étais seul à la maison) d’un coffret dit « Du Petit Chimiste » offert précédemment à l’un de mes grands frères. On y trouvait diverses poudres et autres liquides (dont je ne connaissais pas même la teneur à l’époque) que je mélangeais sans discernement (donc) et faisais chauffer dans des éprouvettes via un mini  brûleur à alcool fourni avec le jeu (Si, si !). Fatalement, un jour de mars (je crois), une éprouvette cracha son contenu et vint peindre le plafond de la cuisine familiale façon Pollock. Quelques heures plus tard et bien que peintre amateur averti, mon Père, rentrant du travail, me fit comprendre qu’il n’aimait vraiment pas, mais alors vraiment pas, l’oeuvre de Pollock. N’empêche, j’aurais pu me griller la tronche (je l’ai fait à 29 ans avec un barbecue) et finalement la claque que j’ai prise ce jour là fut un moindre mal (et me vaccina définitivement de faire carrière chez Dupont de Nemours)

Mais il existe des jeux encore plus dangereux même s’ils ont, de prime abord, un parfum d’anodin.

En 1951, sort aux Etats-Unis une mallette de jeu. Nommée Gilbert U-238 Atomic Energy Lab, elle promettait plus de 150 expériences. Super ! Sauf que la fameuse boi-boite contenait uranium,  polonium et autre ruthénium. Avec un mini compteur Geiger en prime. Je vous étonne si je vous dis que cette boite a été retirée du commerce 1 an après sa commercialisation ?

Dès 1980, on peut se procurer aux Etats-Unis (encore, mais dans le reste du monde peu de temps après) les Lawn Darts, littéralement fléchettes de gazon. Le but du jeu étant d’envoyer de grandes fléchettes (oxymore ?) de 30 cm de long dans une cible disposée sur la pelouse. Mais, allons savoir pourquoi, certains auraient transigé avec les règles au point de faire plus de 6000 blessés et 3 morts ! Le jeu fut interdit en 1988.

En 1984, on peut faire plaisir à ses enfants en leur offrant un hamac qui leur est spécialement dédié : Le Mini Hammock (in english). Dépourvu de structure rigide sur le filet, le hamac avait un mal fou à se stabiliser. Après plusieurs saucissonnages inopinés occasionnant une douzaine de morts, le produit est mit sur la touche en 1995.

An 1994. La Sky Dancer fait fureur chez les fillettes. Cette poupée couplée à un lanceur s’envole dans les airs en tournoyant avec allégresse (c’est pas la femme de Claude Allègre). Allégresse, mes fesses ! La poupée part dans tout les sens, le « vol » est totalement ingérable ! Résultats : Dents cassées, yeux écorchés, visages lacérés, contusions et même côtes cassées. 150 accidents sont recencés. En 2000, les poupées encore en circulation font un dernier vol jusqu’à l’incinérateur.

Enfin, même notre chère girafe Sophie est mise à l’index. Des études récentes montreraient que l’objet fétiche de succion de nos bambins présenterait des substances possiblement cancérogènes. Et là, si c’est vrai, j’ai envie de dire : Avec le nombre de bouts de choux qui se sont fait les dents de lait sur cet ongulé artiodactyle en plastoc, il était temps de s’en rendre compte !

A propos de l'auteur

Billx

Homme de poids s'il en est, le Billx est un curieux insatiable qui tend à partager le savoir qu'il glane au quotidien. Facile à apprivoiser (un verre de Saumur-Champigny suffit), le Billx n'hésite pas à se servir de l'humour comme d'une arme de vulgarisation massive. Doux la plupart du temps, il accepte sans problème les critiques pourvu qu'elles soient constructives.

5 commentaires

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  • Petite anecdote du père Kae : j’avais la même boîte de chimie quand j’étais gamin (ou du moins une équivalente), et comme toi je n’avais pas idée de ce que contenait les flacons et je m’en foutais bien d’ailleurs. Un jour, je m’étais mis en tête que les fleurs de ma mère au fond du jardin étaient malades et qu’il fallait les soigner (elles étaient resplandissantes, naturellement). Je prépare une mixture, l’absorbe dans une seringue (ma mère était infirmière), met une aiguille et injecte le tout dans les fleurs. Trois jours plus tard, elles étaient noires jusqu’à la tige…

    Pour Sophie la girafe, j’avais entendu parlé de cette possibilité de cancérogénicité (pas facile à prononcer, ça). Ça ne m’a pas empêché d’en acheter une à mon petit. On flippe trop. Par exemple, y’a un colorant alimentaire, le E150a, qui peut lui aussi contenir parfois des éléments cancérigènes. Et pour info, le E150a est plus connu sous le nom de « caramel ».

  • Dans le cas de Sophie la girafe, la matière peut être remplacée par quelque chose de moins nocif.

    Par contre, la mallette du petit Tchernobyl, elle, on ne peut pas l’équiper de polonium moins nocif …
    Merci au passage pour cette découverte.

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