Qu’est-ce qu’elle a ma gueule

Nous n’allons pas vous parler de la chanson de Johnny Hallyday intitulée « Ma gueule », mais d’autres gueules plus abimées de la première moitié du XXème siècle ; les « gueules cassées ». Cette expression ,  a été inventée par le premier Président de l’Union des Blessés de la Face et de la Tête pour désigner tous les rescapés de la Première guerre Mondiale dont le visage a été détruit au combat. Les « gueules cassées » sont des soldats gravement handicapés, mutilés, aveugles, amputés du visage à cause de blessures reçues sur les champs de bataille.

Défigurés physiquement, ces hommes, âgés de 19 à 40 ans, étaient aussi profondément marqués psychologiquement par le conflit. Les mutilés faisaient de longs séjours dans les hôpitaux, où les médecins utilisaient des procédés souvent archaïques pour sauver leurs visages. Mais les réparations n’étaient pas toujours possibles ou laissaient de toutes façons des traces indélébiles. Devenus des êtres hors normes suscitant chez autrui des sentiments complexes de pitié, dégoût, sympathie, reconnaissance, mais aussi de peur, certains eurent beaucoup de mal à reprendre une vie normale, d’autres furent internés pour le restant de leurs jours.

Lors de la signature du Traité de la Paix au château de Versailles, quelques mois après l’armistice, le 28 juin 1919, Georges Clemenceau invita à cet évènement officiel,  cinq représentants des « gueules cassées » soignés au « service des baveux » de l’hôpital du Val de Grâce de Paris. La présence d’Albert Jugon, Eugène Hébert, Henri Agogué, Pierre Richard et André Cavalier était un témoignage vivant des violences, de la barbarie et de l’atrocité du conflit.

Le peintre allemand, Otto Dix a réalisé plusieurs tableaux dénonçant l’horreur de cette guerre. Celui des joueurs de Skat représente trois anciens combattants mutilés de la Première Guerre mondiale à la gueule cassée jouant au skat, un jeu de cartes, très populaire en Allemagne.

Le film « La Chambre des officiers » de François Dupeyron sorti en 2001 ainsi que la série « Boardwalk Empire » de Terence Winter traitent  de ce sujet.

A propos de l'auteur

A.Ccélère
A.Ccélère

Femme fatale aux courbes si parfaites qu’indicibles, je reste au foyer pour éviter les paparazzi et mener une vie tranquille loin des projecteurs. J’en profite pour cultiver mes neurones et m’intéresser à tout et n’importe quoi. Mes madeleines préférées sont la grammaire française, la littérature, la musique savante et la pédagogie.

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