Les Couches-Culottes

Puisque dans une semaine j’aurai les mains dedans pour au moins deux grosses années (et moins de temps pour écrire donc), autant aborder le sujet tout de suite.

On s’aperçoit vite que l’histoire du lange est restée presque la même jusqu’a l’arrivée de ces fameuses (fumeuses, fumantes?) couches-culottes.

Cela commence dès la Rome antique, et il ne faisait pas bon être bébé à cette période. En effet, les langes étaient indissociables d’un emmaillotement qui devait éviter que l’enfant ne se déforme!! Cela consistait donc en un carré de tissu pour le lange à « proprement » parler, puis des bandelettes et des attelles pour maintenir les membres droits (les fous!!). Bon, mais les docteurs de l’époque, pas complètement cinglés, veillaient tout de même à ce que les extrémités ne soient pas privées d’irrigation sanguine (ouf, on respire). Pourtant il m’est avis que, enrubannés de telle façon, ils ne devaient pas être changés 5 fois par jour ces pauvres petits.

Durant le moyen-âge la technique évolue peu et elle est, pour ainsi dire, la même. Sauf qu’il ne fallait surtout pas laver l’enfant, la crasse étant une protectrice reconnue. De toutes façons, les langes étaient tellement serrés, car faisant partie intégrante de l’emmaillotage, qu’ils en devenaient imperméables et que le pauvre bambin macérait dans son urine et ses excréments pendant de (trop) longues périodes. Et lorsqu’enfin on le libérait  de ce carcan putride, c’était pour vite le nettoyer avec de l’huile ou du beurre et l’emmailloter de nouveau avant qu’il ne devienne informe! Ces pauvres choux étaient rongés de dartres, boutons et autres gales. Mais enfin, ils faisaient quoi les services sanitaires!!??

Enfin! Au XVIIème siècle, John Locke, un philosophe anglais, avance que oui, bon, quand même, ce serait pas mal de laisser les membres de ces bébés libres de leurs mouvements.

Au XVIIIème, même les médecins prennent conscience que ces langes trop serrés n’entrent pas en compte dans une croissance normale des membres.

Mais la France reste attachée à cet emmaillotement inhumain jusqu’au début du XXème siècle où seulement alors, on se décide à utiliser juste des langes de coton et/ou chanvre lavables au niveau des fesses et du bassin qu’on attachait avec des épingles à nourrices. On appelle désormais ces langes couches-culottes.

La première couche-culotte jetable voit le jour en 1956. Après quelques années de « peaufinage » elle sera commercialisée à la fin des années 1960 sous le label « Pampers ». ( [to pamper] veut dire choyer, dorloter en anglais).

Elles ont, certes beaucoup évolué de nos jours, notamment au niveau de l’ergonomie (pression, velcro, avec le petit élastique là!) et de leur pouvoir absorbant. Ce qui est notable, c’est que la composition de ces couches-culottes reste obscure du fait qu’elle n’est pas clairement indiquée sur les paquets. On suppose de la pâte de bois, des polymères (pétrole) et de nombreux produits chimiques.

La couche-culotte jetable, c’est 4-5 heures d’utilisation pour 500 ans de dégradation (sauf incinération qui pollue elle aussi). Malgré tout, je dois bien ça à mon bout de chou à venir. Et moi, je suis vraiment très content d’être né en 1969 finalement! Et maintenant, à moi le caca!!

http://www.france5.fr/maternelles/eveil/W00251/9/123913.cfm

http://fr.ekopedia.org/Couche

A propos de l'auteur

Billx

Homme de poids s'il en est, le Billx est un curieux insatiable qui tend à partager le savoir qu'il glane au quotidien. Facile à apprivoiser (un verre de Saumur-Champigny suffit), le Billx n'hésite pas à se servir de l'humour comme d'une arme de vulgarisation massive. Doux la plupart du temps, il accepte sans problème les critiques pourvu qu'elles soient constructives.

29 commentaires

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  • Félicitations, certes.
    Mais j’aurais aussi aimé avoir un peu plus de détail sur le nouveau produit de la « révolution écolo »: les couches lavables.
    Sont-elles réellement moins polluantes (considérant la quantité d’eau consommée pour les laver) ?
    Est-ce une bonne alternative à ces 4000 couches jetables environ qu’utilise chaque enfant ?

  • Eusebio, pour utiliser des couches lavables quotidienement avec mon depuis 10 mois et demi maintenant, je peux te dire que 1, c’est super, 2, c’est économique car des études ont été faites et c’est réellement plus économique et écologique que les jetables qui utilisent beaucoup d’eau rien que pour être fabriquées! (plus que pour laver les lavables!) 3, elles sont jolies (bien plus que les jetables!)et 4, bébé n’est pas en contact avec des produits chimiques ahurissants et sa peau respire bien mieux qu’avec des jetables!!

    Voilà!!
    Billx, t’es tenté par l’expérience?? En tout cas, félicitations pour ton futur job de papa!! et félicitations à la maman aussi!

  • Hann le troll sur l’emmaillotage. ^^

    Ca revient « à la mode ». Non pas pour laisser bébé dans sa crasse mais parce qu’il parait que ça rassure les nouveaux nés. 😉

    Euh sinon les lavables oui c’est écologique (économique ça peut, tout dépend si on a la fièvre acheteuse parce que y’en a vraiment des très très jolies ahah).

  • Bonjour à tous,

    Concernant le débat sur « lavable ou jetable », les avis sont multiples, mais j’ai retenu au milieu des miasmes de « moi j’ai testé et … » quelques points qui se résument fort bien sur ce très bon article passé sur France 5 et lisible ici : http://www.france5.fr/maternelles/mat_acc/W00274/2/122426.cfm

    Le reste des témoignages sur « lavable/jetable » rapporte quelques points peu connues, comme :
    Négatif pour les lavables :
    – les lavables sont moins fines et donc l’entrejambe se retrouve beaucoup plus « bas ». Ennuyeux dès qu’il s’agit de trouver un pantalon … il faut prendre 2 tailles au-dessus.
    – les lavables possèdent de fortes contraintes dès que l’on se déplace … les parents se rappellent les déboires pour transporter de nombreuses couches en stock. Là en plus il faut transporter de nombreuses couches sales … -> Tuperware a quelques boîtes hermétiques miraculeuses 🙂
    – Irritation (érythème) supplémentaire pour la peau du bébé, car l’enfant est directement en contact avec son urine (pas de solidification) …

    Positif pour les lavables :
    – les lavables sont souvent plus jolies …
    – l’un des produit utilisé pour « solidifier » nos joyeux pipis a été interdit dans les tampons pour femme car … il favorisait grandement les cancers de l’utérus …
    – pour les bambins plus virils, on peut noter qu’une couche jetable met la température de leur bourse à 2° de plus. Information importante quand il a été prouvé que la chaleur réduisait la virilité de ces messieurs (j’en suis un ? Ah ?) et qu’en 50 ans, le taux de sperme en occident a baissé de 50% (merci Hubert Reeves).

    Ah, une dernière chose : je n’ai pas de charmant bambin (trop jeune ?) et tout le tintouin … tout ça pour signaler que je remercie grandement ce site qui me permet (me propose ? m’oblige ? ) d’aller à chaque fois rechercher plus loin dans les sujets, chose que j’adore. C’est une base certaine qui éveille l’esprit et nous apporte beaucoup sur des sujets auxquels on (je ?) ne penserait pas vraiment.

    Merci à tous.

  • Je suis d’accord sur les points négatifs des lavables sauf sur l’érythème. Le fait que les fesses soient en contact avec l’humidité n’en donne pas forcément plus. Par contre, les produits chimiques contenus dans les jetables peut en donner (pas à chaque fois non plus, ça dépend des sensibilités des fesses des bébés évidemment).

    Beaucoup de parents en déplacement échangent leurs lavables contre les jetables. C’est vrai que sinon c’est un peu galère (en particulier si y’a pas de machine à laver là où on va).

  • Je rejoins Hélène sur les lavables bien que sur les trois points négatifs évoqués nous n’en ayons rencontré aucun à part le problème en vacances. Il faut bien sûr être dans un endroit où :
    1. les personnes qui partagent l’espace avec vous acceptent facilement leur utilisation car elles nécessitent quand même le partage du lave-linge et peuvent indisposer plus d’un par l’odeur.
    2. le matériel de base est à disposition : un bon lave-linge.
    3. on peut stocker tout ce qu’il faut : saut à couches pour les faire tremper, lessive écologique, papier pour recueillir le caca.

    Si vous pouvez, vous êtes tranquille. Pas besoin de jeter un sac plein tous les jours et de retourner chercher en catastrophe un paquet.
    Pour ceux qui préfèrent cependant la solution des jetables, il existe également des jetables écologiques, à 50% biodégradables au minimum.

    Comme quoi, on peut continuer à profiter de la révolution industrielle tout en respectant ses convictions écologiques 🙂

  • Et oui, il est fait pour ça ce blog! Nos articles ne peuvent que rarement être exhaustif sinon ils feraient 12 pages et lasseraient. Cela permet aux lecteurs de disserter entre eux, de rechercher et compléter. Sa vraie vocation je crois, qu’en penses-tu Bastien?

  • Entièrement d’accord avec toi.

    Le but est d’apporter des réponses aux questions que personne ne se pose et dans cette optique, on peut rarement être exhaustif.

    Ceci dit, les plus curieux peuvent creuser, les sites sur les couches lavables ne manquent pas 🙂

  • Pour ma part je travaille pour un des leaders des couches jetables (réellement) mais je suis hélas tenu au secret professionnel et je ne pourrait donc pas vous dire ce qu’il y a dedans 🙂

  • Dans les années 50, ma graand’mere (née en 1872) recommandsait, pour les fesses de bébé abimées, d’enfermer le bébé dans un large sac en tissu, noué autour du cou par une coulisse et garni de son de blé. Le résultat: le mome gigotait sans entraves, pipi et caca s’aggloméraient en boulettes, évacuées de temps à autre, comme dans nos actuelles litières de chats, et le bébé retrouvait trés rapidement des fesses lisses et saines, sans aucune pommade ni poudre…
    Je suis étonné qu’aucun industiel n’ait songé à une telle solution, simple et expéditive

  • Ben disons qu’il n’y a pas de prix pour les employés donc je ne vais pas pouvoir t’aider sur ce coup là, mais ça aurait été avec plaisir 🙂

  • moi aussi je suis une adepte des lavables pour mon fils de 17 mois !

    es tu sur de ta source pour ce qui est du lavage des bébés au moyen age ?
    parce que au moyen age, les gens se lavaient, c’est a la renaissance qu’ils ont arrété …

  • Pour ce qui est des couches lavables, je confirme leur intéret, d’autant que certaines marques ont une forme qui évite les trop grosses fesses… pour nous la solution est super sympa et nous la recommandons avec évidemment l’alternative des jetables pour les déplacements… mais notre nature vaut bien ça.

  • je ne sais pas d’ou vous sortez vos infos sur le moyen age, mais on se lavait davantage au moyen age qu’a la renaissance.
    c’est la renaissance que l’on croyait qu’une couche de saleté etait protectrice. et que l’on semettait une tonne de parfums pour masquer les odeurs …
    au MA, on a vite fait la relation entre saleté et maladies et épidemies …

  • Bonjour à tous,
    De nos jours, certaines familles, au Maroc par exemple, emmaillotent encore leurs bébés. Pour eux, c’est le moyen d’éviter que le bébé ne se fasse peur avec les mouvements de ses bras. Notamment pendant le sommeil, le bébé est serré dans du tissu, il n’y a que la tête qui est libre (ouf…). Comme il ne peut pas bouger, il ne peut pas faire d’ombre avec les mouvements de ses bras, et ainsi, dort paisiblement (normalement) sur le dos.

  • Bjr Mr.
    Nota: l’Etoile se trouve dans la Somme entre Amiens et Abbeville
    Vous écrivez que la 1ère couche culotte jetable a vu le jour en 1956 et sera commercialisée en fin de l’année 1960. Je ne demande qu’a vous croire mais comme j’ai travaillé chez Peaudouce de 1983 à 1994 ainsi qu’épisodiquement de 1971 à 1973/74 toujours pour Peaudouce ça ne correspond pas à ce que l’on m’a assez souvent indiqué.
    Comme je suis un peu historien sur les bords, et justement qu’en ce moment j’effectue des recherches sur ce thème pour les livrer ensuite au public je souhaite que vous m’apportiez si possible quelques précisions.
    Qui et où à mis au point la 1ère couche culotte jetable, en me précisant sa nationalité, dans quel atelier ou usine et dans quelle ville fut faite la mise au point
    Cette 1ère couche culotte jetable avait-elle un sens de positionnement sur le bébé et avait-elle un entre jambe comme vous l’indiquez?
    J’ai encore quelque questions à vous poser, mais également vous apporter quelques précisions sur la matière absorbante, ,mais pour ce soir je préfère attendre votre réponse
    Sincères remerciements
    Bien cordialement
    Hérouart

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