Oxymore

Voilà un mot bien étrange qui désigne cependant un concept relativement simple. J’avoue, après mon article sur la mise en abîme (ou abyme), je poursuis dans le langage avec oxymore… Bon, il va nous  dire ce qu’est un oxymore plutôt que de rentrer dans des considérations personnelles qui nous intéressent que très moyennement ! Du calme, du calme, j’y viens :

L’oxymore (mot grec pouvant être traduit par fou ou insensé) est une figure de style qui joint deux mots aux sens radicalement opposés et qui donne à notre esprit une image percutante et contradictoire. On pourrait parler de paradoxe mais on abouti le plus souvent à une métaphore. Son emploi dans la littérature est souvent légitimé par la licence poétique. Mais il sert aussi à décrire une réalité qui n’a pas de nom précis. C’est flou, je sais, mais sans vraiment vous en rendre compte, vous connaissez tous beaucoup d’oxymores (ou expressions oxymoriques) et les employez très souvent. Et comme j’aime à le répéter sur ce blog, rien ne vaut l’exemple pour la compréhension de la chose. En voici, donc, des exemples :

La littérature regorge d’oxymores. Molière dans son Malade Imaginaire parle de « jeune vieillard ». La Fontaine prétend que sa tortue triomphante du lièvre « se hâte avec lenteur ». Le Colonel Chabert de Balzac est confronté à « une sublime horreur ». Pour Paul Eluard, la terre est « bleue comme une orange ». Victor Hugo adore des « nains géants ». Les « splendeurs invisibles » et les « tendresses bestiales » sont de Rimbaud. Pierre Desproges (ah… Desproges) nous parle des « fous normaux ». Le Cid de Corneille rencontre une « obscure clarté ».

Voici maintenant du tout-venant :

  • Un silence éloquent
  • Un mort-vivant
  • Clair-obscur
  • Aigre-doux
  • Réalité virtuelle
  • Une bonne fessée
  • Une nuit blanche
  • Un jeune centenaire
  • Une nuit lumineuse
  • Un (excusez-moi) bordel organisé
  • La force tranquille
  • Un aller-retour
  • Une maturité enfantine
  • Un accueil (le lieu) repoussant
  • Une guerre propre
  • Et la, très en vogue, croissance nulle (voire croissance négative)

Pour l’humour, je pourrais me faire une « douce violence » et citer la « cuisine anglaise ». Sur ce, je vous laisse et je vous écris prochainement un nouveau billet après mon « retour vers le futur ». 😉

A propos de l'auteur

Billx

Homme de poids s'il en est, le Billx est un curieux insatiable qui tend à partager le savoir qu'il glane au quotidien. Facile à apprivoiser (un verre de Saumur-Champigny suffit), le Billx n'hésite pas à se servir de l'humour comme d'une arme de vulgarisation massive. Doux la plupart du temps, il accepte sans problème les critiques pourvu qu'elles soient constructives.

7 commentaires

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  • Un silence éloquent

    Celui ci est très beau je trouve car il ne met pas en regard deux contraire comme mort/vivant !

    Vive le « silence éloquent », votez pour lui ! mangez en, c’est bon pour le moral !

    Heu … c’est le matin.

  • Bonjour à tous, j’ai découvert ce site tout à fait par hasard aujourd’hui même, et je dirais que c’est aussi un petit cadeau de noël, c’est simple : j’adore !

    Juste une remarque concernant un point précis de cet article. Il me semble qu’un des exemple cité ne correspond pas, stricto sensus, à la définition de l’oxymore :  » Nains géants « .

    Je m’explique : le nain, ce personnage si souvent repris dans le langage courant pour désigner une personne de petite taille, nous vient du folklore scandinave et de sa magnifique mythologie (je pèse mes mots).
    Or, dans la mythologie scandinave, le nain n’est absolument pas un personnage de taille réduite. Le nain a la possibilité de changer sa grandeur à volonté ; un petit nain n’est donc pas un pléonasme, tout autant qu’un « nain géant » n’est pas un oxymore, il s’agit là juste d’un adjectif tout bêtement qualificatif.

    C’est en fait l’action dévalorisante de l’Eglise envers les croyances païennes qui a transformé notre ami le nain en etre de toute petite taille. Rapellons au passage que s’il est un personnage dans la mythologie qui soit effectivement de petite taille, c’est le lutin.

    Voilà Voilà, sur ce, parlant de nains et de lutins, la transition est toute trouvée pour vous souhaiter à tous un joyeux nöel !

  • Dépêche-toi de m’attendre pendant que j’attends que tu te dépêches !
    Plus sérieusement, il semble que tu ais fait une faute d’inattention : en effet, « bleue comme une orange » ne constitue en rien (dommage, c’est la seul vraie erreur) une oxymore : Je m’explique, une oxymore est une figure de style mettant en œuvre la juxtaposition directe de deux termes bien opposés (de par leur se sens), or le cas présent utilise le comparatif « comme »…
    Donc, l’expression citée ci-dessus relève de l’antithèse plutôt que de l’oxymore, nuances subtiles à ne pas confondre. (D’où je sors ça moi j’aurais jamais dit un truc pareil y’a 4 jours^^ magique)
    Sur ce, bonne continuation 🙂

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