D’où vient l’expression « Cucul La Praline » ?

chocolat

Et voilà ! On abandonne sa moitié le temps d’une soirée de retrouvailles avec de vieux copains, on rentre éméché à point d’heure alors que le lendemain on travaille, pour finir par se poser, en maudissant le Bergerac et la Desperado sur le chemin du bagne taf le lendemain matin, ce genre de questions futiles, ineptes, naïves, idiotes …

Autant dire une question « cucul-la-praline », quoi !

Le terme praline (ou plutôt prasline) proviendrait du Duc Du Plessis Du Praslin.

C’est visiblement son cuistot qui aurait eu l’idée de faire revenir des fruits à coques (amandes, noisettes) dans un sirop de sucre afin de confectionner ces petites sucreries roses, dont les boulangers truffent leurs brioches pour gonfler les factures du dentiste avec une nouvelle couronne.

Mais vous me direz : quel rapport avec le terme « cucul » ? Aucun de manière directe, mais voyons un peu plus loin …

Chers amis, si vous allez un jour au Seychelles (ou bien si vous vous plantez devant un atlas géographique), vous découvrirez que ce cher Duc, qui était dans la marine de ce bon roi de France au XVIIème, a laissé son nom de « Praslin » à l’une des îles de l’archipel dont il a été l’administrateur colonial. (autre version : c’est en devenant administrateur de l’ile qui s’appelait déjà « Ile du Praslin » qu’il a récupéré ce titre. Enfin baste.)

Lorsque notre Duc est revenu à la fin de ses vacances son mandat en métropole, il aurait ramené de cette ile des fruits endémiques, De grosses noix de coco que l’on nomme dans le coin des « Coco-Fesses », car leur forme est un gigantesque hommage à la vénus Callipyge de Brassens.

(Pour ceux qui ne suivent pas au fond : elles ont une forme de popotin.)
Est-ce pour cela que robinson Crusoë a trouvé le temps moins long sur son ile ?

Et à partir de là, il y aurait un jeu de mot capillotracté qui se serait développé, ou le terme « coco » aurait glissé phonétiquement vers « cucul », glissement qui ferait également référence d’un point de vue lexical à la forme de fesses de ladite noix.

On aurait rajouté « la praline » pour ne laisser aucun doute sur l’objet évoqué. (Ou pour être sûr que la paternité de ce fruit grotesque viendrait entacher la réputation d’une vieille baderne colonialiste.)

Et là, vous allez encore m’interrompre et me dire : Oui, mais pourquoi le qualificatif « Cucul » fait référence à quelque chose de naïf, niais, gauche, emprunté ? Et bien là, figurez-vous que j’ai séché ! La première à utiliser le terme cucu dans cette acception dans un texte est Colette dans les années 30.

En fouillant un peu partout sur internet, j’ai trouvé une explication, mais qui me semble un peu fantaisiste :

Le cuistot inventeur de la praline aurait été un autochtone de l’île du même nom, acheté une misère par le Duc Du Plessis.
Ce gâte-sauce aurait eu tendance à être un peu bébête et maladroit, et qui aurait fait tomber de la coco-fesses dans un sirop de sucre, inventant donc la friandise et gagnant le surnom de « cucul-la-praline », pour se foutre de sa gu en hommage à sa découverte par sérendipité.

 

Mes sources :

http://salem.blog.24heures.ch/archive/2007/12/06/cucul-la-praline.html

http://www.guichetdusavoir.org/viewtopic.php?f=2&t=48181

Je vous prie par avance de m’excuser, car ce ne sont que des sources internet, qui sont donc sujettes à caution, mais je n’avais aucun livre sous la main pour vérifier certains éléments.

Photo : Pitslamp

A propos de l'auteur

Procillus

– Ancien étudiant en archéologie (Antiquité et plus spécialement monde Romain, archéozoologie et céramologie), j’ai suis au final devenu simple secrétaire. (ben oui, il faut bien faire bouillir la marmite !).
– Militant pour les modes de déplacements actifs (vélo urbain), et cyclorandonneur.
– Passionné par les civilisations anciennes, par la culture japonaise, même si je crois au final n’en connaitre que très peu.

“La curiosité, lorsqu’elle est mise au service de l’intelligence, est la plus grande des qualités.” Barjavel.

13 commentaires

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  • Tout faux!!!!

    Cuc-ul la praline est la sœur de Coin-coin la Riflette, qui sont deux personnages fictifs d’une espèce d’ancêtre de la BD – une histoire illustrée, à la manière des malices de plick et plock – qui paraissait dans un journal ou en tous cas un périodique durant la première moitié du 20eme siècle.

    Il arrivait aux deux enfants des tas d’aventures stupides, parce qu’ils étaient étourdis, naïfs, parfois bêtes et méchants, n’écoutaient pas les parents, etc etc.

    Ma grand mère (elle a 90 ans) à grandit avec Coin-coin la Riflette et Cul-cul la Praline. Elle n’est sûrement pas la seule. Je n’ai pas réussi à mettre la main ni sur le nom exacte du journal (elle n’a pas été capable de me le donner) ni sur aucun exemplaire. Mais peut être cela ressortira un jour!

    Pour note, ma grand mère est originaire de St Genix sur Guiers, le pays de la célèbre brioche “le st Genix” : brioche fourrée avec des pralines, justement. Il n’est donc pas impossible que le journal d’où sont issues les aventures de Coin-coin la Riflette et de Culcul-la Praline soit un journal local ou régional.

    Moralité: ceux qui ont des grands parents nés dans les années 20: faites un sondage pour savoir si Coin-Coin la Riflette et Cul-Cul la Praline leur dit quelque chose!
    Les souvenirs d’ancêtres, mieux que Wikipédia et tout l’internet réuni. \o/

  • Aaaaaah Merci !

    Par honnêteté intellectuelle, je vais faire quelques recherches, mais ce que tu m’apprends remet de l’eau à mon moulin !

    Je vais regarder ça de plus près !

    Merci beaucoup !

  • En tout cas même si le fond est discutable, je te remercie d’avoir évoqué le sujet, pour le coup ça cadre bien avec la ligne éditoriale du site 🙂

  • Je te remercie !

    Je traine mes guêtres auprès de vous depuis quelques semaines (j’en suis à la page 29, mais je remonte, je remonte !) et j’ai pu remarquer que le site collait égalment très bien avec ma ligne éditoriale donc … 😀

    Le prochain devrait traiter d’une anecdote chimico-historique.

    Je le peaufine, et je vous transmets ça !

    @Marwina : Une amie m’a fait la même remarque que toi.
    Je vais également essayer de creuser la question de son coté.

  • en fait pour avoir travaillé au château de Vaux-le-Vicomte qui fut la propriété des Ducs de Praslin sur plusieurs génération il se dit la bas que le duc de praslin à l’origine des pralines était un homme naïf, niais, gauche, emprunté, simplet quoi ! et que ce-sont ses gouvernants et gouvernantes qui entre eux l’appelé “cul-cul” et que c’est bien à lui ou plutot à son personnel que l’on doit le terme de cul-cul la prasline. A Vaux tout le monde vous le dira ;D

  • Je vous remercie de votre accueil qui fait chaud au coeur !

    @Fany0977 : Je prends en compte ta version, mais celle des illustrés de Marwina du début du XXe répond à une question à laquelle la tienne ne répond pas :

    Pourquoi “culcul” ? pourquoi pas “pouet-pouet”, “ding-dong” ou “rheu-rheu” ?

  • ah oui effectivement pourquoi ” cul-cul ” et pas ding-dong ca je sais pas…. J’ai gardé des contacts la bas vais approfondir si ils en savent plus ;D

  • très bon article.
    L’explication de marwina pourrait être tentante. Mais reste le problème de l’origine des noms des héros.
    Le cucul la praline n’est-il pas l’écho d’une expression existant déjà à l’époque? D’autant plus que Cucu la praline est aussi le nom d’un des personnages de “Paris s’efface” de Charles Virmaitre,1887.
    Si la riflette désigne la bagarre, la praline a en argot pas mal de sens. Il désigne une balle (de pistolet), le clito des femmes(je vous passe les belles expressions qui vont avec 🙂 ), mais aussi aux petite crottes et à leur belle couleur marron. Rimbaud en a fait un poème. Si on associe ça au cucul, cela fait une belle expression pour designer les personnes niaises qui sont resté au stade pipicaca.
    Même si certains veulent y voir un coté fleur bleue, encore maintenant quelque chose cucul la praline reste une niaiserie…
    Il est difficile de suivre l’apparition du coté fleur-bleue. Si certain remonte à Voltaire qui relate une expression de Mme du Luxembourg “se donner des airs à la praline” pour de moquer de mademoiselle Sandon qui fréquentait la famille Praslin,
    Je doute que cela ai traversé les époques.
    Pour ma part, je pense qu’à force de qualifier le fleur bleue de niaiserie cucul la praline, le cucul la praline est devenu un peu fleur bleue

  • Je découvre le premier snes de cette expression ! J’ai toujours pensé que cela ne désignait que tout ce qui était un peu fleur bleue,
    Mais oui, apparemment les origines de tout cela semblent très difficiles à déterminer.
    En tout cas, je vais faire quelques recherches, c’est toujours intéressant côté culture 😉 ( et puis j’adore jouer les détectives !:)
    Merci pour l’article !

  • « J’ai suis au final devenu simple secrétaire »… C’est voulu, Procillus, cette horreur ?
    Cela dit, j’ai beaucoup apprécié le ton humoristique de l’article.

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