Le Nom des Départements

A l’heure où ceux-ci risquent de voir leurs numéros disparaitre des plaques d’immatriculations, et plus fort encore, d’être supprimés au profit de la région toute puissante, les départements n’ont jamais suscité autant d’intérêt et d’attachement de la part de leurs résidents respectifs, qui sont peut-être des autochtones ou pas (je vous prie de bien vouloir m’excuser pour cette phrase horriblement longue).

L’histoire des départements prend sa source juste après la promulgation du décret du 22 décembre 1789. Avant cette date, la France est composée de « provinces ». Le décret établit leurs nombres à 83 le 26 février 1790. L’existence de ce nouveau découpage est  effective le 4 mars 1790. N’hésitez pas à consulter la Liste des 83 départements français de 1790. Mais les guerres napoléoniennes, celle de 1870 et la  « Grande Guerre » (Alsace-Lorraine) en changeront notablement leur physionomie et leurs nombres.

De nos jours, (oui, je sais cela fait un grand bond, mais l’histoire des départements n’est pas le sujet principal de l’article, patience…), la France compte 101 départements (et oui, la Corse est divisée en deux départements) dont 5 d’outre-mer (notamment l’île de Mayotte depuis mars 2011).

Ce dont je veux vous entretenir via ces quelques lignes, c’est de leurs noms. Presque tous les départements portent le nom d’un fleuve et/ou d’une rivière qui les traversent (ou pas, je vous en parle plus loin). Ainsi, l’Ain est traversé par… l’Ain, oui bravo ! L’Indre et Loire est traversée par l’Indre et la Loire, la Saône et Loire par la Saône et la Loire… Faut-il que j’en rajoute ?

Et maintenant, ladies and gentlemen, voici la liste de la petite famille de ceux dont le nom n’est pas en rapport avec un cours d’eau :

Alpes de Hautes-Provence (04), Hautes-Alpes (05), Alpes-Maritimes (06), Ardennes (08), Calvados (14), Cantal (15), Corse (20), Côte-d’Or (21), Côtes-d’Armor (22), Finistère (29),  Jura (39), Landes (40), Lozère (48), Manche (50), Morbihan (56), Nord (59), Pas de Calais (62), Puy-de-Dôme (63), Pyrénées-Atlantiques (64),  Hautes-Pyrénées (65), Pyrénées-Orientales (66), Savoie (73), Haute-Savoie (74), Paris (75), Yvelines (78), Vaucluse (84), Vosges (88), et le Territoire de Belfort (90). Et bien évidemment, la Guyane (973), la Guadeloupe (971), la Martinique (972), la Réunion (974) et Mayotte – depuis mars 2011 – (976).

On note que ces derniers, pour la plupart, doivent leur nom à un massif montagneux ou à la proximité de la mer et surtout l’océan. Voici une petite explication pour ceux dont ce n’est pas le cas :

Le Calvados prend son nom de ses récifs (et nous donne aussi un fabuleux breuvage pour accompagner le café… Hum… Pardon !). C’est  le député de l’assemblée André-Rémy Arnoult qui proposa ce nom en 1790. Les Côtes-d’Armor s’appellent ainsi depuis seulement le 27 février 1990, délaissant le nom de Côtes-du-Nord (arvor ou armor signifiant « la terre » en latin). On appelle le département des Landes ce grand massif forestier composé d’arbres plantés sous Napoléon pour assécher ses terres d’origine marécageuses et infertiles. La Manche tire simplement son nom du bras de mer qui la borde sur toute sa périphérie et évoque la forme du département… une manche ! En breton, le Morbihan signifie « petite mer ». Le département du Nord est juste le plus septentrional de notre pays, rien à rajouter. Le Pas(sage) de Calais réfère au détroit qui sépare Calais de l’Angleterre, le plus court « passage » entre les deux pays.  La Côte d’or tient son nom des couleurs dorées qu’offrent les feuilles de vignes à l’automne. Paris… sera toujours Paris. Les Yvelines sont issues, en 1964, de l’éclatement des départements de Seine et Seine et Oise. Notre plus petit territoire en superficie, le Territoire de Belfort doit juste son nom à sa préfecture, Belfort.

Juste une précision pour les Deux-Sèvres, ce département est traversé par deux fleuves : La Sèvre Niortaise et la Sèvre Nantaise, d’où les Deux-Sèvres.

Avant de vous quitter, voici deux petits quizz dignes de notre Bastien cher à tous. Je vous propose avec trois indices seulement de découvrir mon département de naissance et mon département de résidence actuelle. Au(x) premièr(es) qui trouve(nt), j’offre … Toute ma considération !

Naissance : Le nom de ce département comporte 2 noms de rivières. Sa préfecture est fière de sa place Stanislas. Il abrite une petite ville (ma ville de naissance) qui est mondialement connue pour la production et la qualité de son cristal.

Résidence : Le nom de ce département  comporte, lui aussi, 2 noms de rivières. François premier y fit construire sa plus grande demeure. Il englobe une grande partie de la Sologne.

Question subsidiare : De combien de km (à vol d’oiseau) sont séparés ces 2 départements ?

Bon jeu et à très bientôt !

A propos de l'auteur

Billx

Homme de poids s'il en est, le Billx est un curieux insatiable qui tend à partager le savoir qu'il glane au quotidien. Facile à apprivoiser (un verre de Saumur-Champigny suffit), le Billx n'hésite pas à se servir de l'humour comme d'une arme de vulgarisation massive. Doux la plupart du temps, il accepte sans problème les critiques pourvu qu'elles soient constructives.

43 commentaires

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  • Pour le premier, c’est pas loin de chez moi donc je dirai la Meurthe et Moselle. Pour le deuxième, je pense que c’est le Loir et Cher. Pour la distance, je dirai 450km environ !

  • A noter que l’Ille-et-Vilaine, traversé par les deux rivières éponymes, a failli se renommer en « Haute-Bretagne » il y a un an ou deux.
    Il me semble qu’un vote avait été fait pour savoir si oui ou non il fallait changer le nom du département.

  • Oui, c’est vrai. C’est la Corse qui est à l’origine de mon erreur (j’adore les Corses, j’adore les Corses, pas taper !).
    Merci pour ta remarque. J’ai rectifié. 😉

  • bonjour
    merci pour ce post très interressant
    je tenais a préciser que
    arvor ou armor signifiait surtout « mer » en breton

  • Exactement,
    Armor veut dire « la mer » en Breton : Ar = La, Mor = Mer. Arvor n’est en fait que la mutation du M en V (même règle que pour l’allemand quand on met un article devant un nom).
    La terre c’est Argoat …

  • tiens, en voyant la parenthèse de « qui les traversent (ou pas, je vous en parle plus loin) » je m’attendais à voir un petit mot sur l’exception qu’est le Var : le fleuve a donné son nom au département car il le bordait autrefois mais les frontières ont changé depuis et aujourd’hui il prend sa source, coule (pas tout le long mais presque) et termine dans les Alpes-Maritimes !

  • Alors je confirme donc qu’Armor c’est du breton, pas du latin, que la Corse formait deux départements à l’origine (Golo et Niolo me semble-t-il du nom de deux fleuves) fut réunifiée sous le 1er Empie et redécoupée en 2 départements au cours des années 70, Giscard étant président de la république et Poniatowski ministre de l’intérieur. Le Var traverse deux départements (Alpes Maritimes et Alpes de Haute Provence -il y a peu encore Basses Alpes-) mais ne coule plus dans celui éponyme. Ceci est dû au rattachement du comté de Nice à la France en 1860 ; on détacha à l’époque l’arrondissement de Grasse -qui fut un temps préfecture du Var- du département pour l’adjoindre à celui nouvellement créé des Alpes Maritimes ; à noter qu’à l’époque il y avait une autre sous préfecture à Puget Théniers supprimer dans les années 1920.
    Il y a encore peu -je n’ai plus la date exacte en tête- Saint Pierre et Miquelon formaient un département, devenu depuis collectivité territoriale à l’instar de Mayotte.

    Désolé de ne pas donner de référence particulière, tout ça c’est de tête, mais c’est fiable….

  • Billx, je viens de lire le texte sur ta référence http://www.infobretagne.com/armor3.htm et il n’y a aucune confusion possible. Ar Mor est bien du breton (celte) et les Latins l’ont emprunté pour désigner la région qui ne prendra le nom de « Bretagne » qu’après l’arrivée des Bretons de la Bretagne historique, aujourd’hui connue sous le nom de « Grande-Bretagne ».
    Ar Mor deviendra donc pour les latinistes Armorica (Armorique)

    On retrouve d’ailleurs « MOR » dans un autre nom de département (breton, bien sur) le « MOR BIHAN » (petite mer).

  • Non, ça il me semble que c’était pour la définition de l’emplacement des préfectures et des sous préfectures (si une journée à cheval n’était pas suffisant pour couvrir tout le département).

    Ceci dit, je peux me tromper, ça doit remonter à mes cours d’histoire de CM2 :p

  • @ Julien L’essonne n’est pas une grosse rivière, mais elle existe bien. Ouvre un dictionnaire et pour une fois, passe-toi de Wikipédia. Merci de nous porter de l’intérêt et amitiés à toi !!

  • @prigent :

    En effet, le principe à l’époque de la création des départemnts était que le chef lieu d’arrondissement (Préfecture, sous-préfecture de nos jours) devait se trouver à moins d’une journée de cheval de tout lieu de sa juridiction. De mémoire, on considérait qu’un cheval pouvait cheminer 8 heures par jour à une vitesse de 2 lieues (10 kilomètres) à l’heure, soit 80 kilomètres.
    Les progrès technologiques, notamment du chemin de fer puis de l’automobile, ajoutés aux économies budgétaires (eh oui, déjà) virent un grand nombre de sous-préfectures disparaitre dans les années 20. Ce fut en particulier le cas dans mon département, celui des Alpes-Maritimes, qui vit son nombre d’arrondissements passer de 3 à 2 après la suppression de la sous-préfecture de Puget-Théniers en 1924 ou 1927, j’ai un doute. Ne restent plus que deux arrondissements dans les A-M, Nice et Grasse.

  • On considère généralement que la Savoie tire son nom du latin Sapaudia ou Sabaudia, pour désigner un pays couvert de sapins.
    Dixit mon meilleur ami wiki
    Aux vues des apports successifs, je peux vous proposer une mise a jour si vous souhaitez.
    mkool

  • armor signifiant au dessus de la mer en breton
    Savoie signifiant pays couvert de sapins
    Le paradoxe du var ne coulant plus dans le var
    Mais il est vrai que les curieux liront les commentaires!
    Merci pour ton article.

  • Nous pouvons préciser que le Var est le seul département dont le fleuve (d’ où il tire son nom) ne le traverse pas. A l’ inverse la Drôme est le seul département dans lequel le fleuve (la Drôme!) y coule de bout en bout : il y prend sa source et se jette dans le Rhône

  • la superficie des départements était faite à l’origine aussi en lien avec le service militaire. Il y eut toutefois des exceptions, certaines personnes souhaitant obenir un départment pour services rendus (c’est le cas pour Montauban), d’autres furent dessinés pour donner un accès égalitaire aux pyrénées (cas de Toulouse). Il y a sans doute aussi des explication pour le Nord. LE Territoire de Belfort avait je crois une charte spécifique qui faisait qu’il ne pouvait être regroupé, d’où sa petite taille.

  • Un petit problème cependant, il semble que les départements soient classés par ordre alphabétique, ainsi le Finistère (29) précède le Gard (30)
    Pourtant, certaines exceptions m’intriguent : en effet Paris (75) suit la Haute-Savoie (en « S », 74) et précède la Seine-Maritime (76), il en est de même pour l’Essonne (91) et quelques autres..
    Quelqu’un pour ajouter un petit commentaire ?

    Excellent article, merci 🙂

  • Pour Paris : jusqu’au 1er janvier 1968, la région parisienne comportait trois départements : la Seine (75), la Seine-et-Marne (77) et la Seine-et-Oise (78) ; le nouveau découpage a réduit la Seine à Paris seul, qui a conservé le numéro 75 ; la partie principale de la Seine-et-Oise (préfecture Versailles) est devenue les Yvelines et a conservé le numéro 78 ; et la Seine-et-Marne est restée à sa place. Les nouveaux départements ont alors pris les numéros disponibles après le Territoire de Belfort : 91 (Essonne), 92 (Hauts-de-Seine), 93 (Seine-Saint-Denis), 94 (Val-de-Marne) et 95 (Val-d’Oise).

    Tout autre sujet : certains départements ont changé de nom ; un commentaire a cité les Côtes du Nord devenues les Côtes d’Armor. Et puis certains trouvaient un peu désagréables d’avoir l’adjectif « inférieur » ou « basses » : la Charente Inférieure est ainsi devenue Charente Maritime (idem Seine Inférieure) ; les Basses Pyrénées sont devenues Pyrénées Atlantiques et les Basses Alpes sont devenues les Alpes de Haute Provence. Peut-être y a-t-il eu d’autres changements.

  • Merci beaucoup pour ces précisions 🙂
    (Toi, qui lit mon commentaire, empresse-toi de lire en entier celui juste en haut ! Bonne continuation^^)

  • Petite précision suite au commentaire de Julien du 26/11/2008 (houlà, c’est vieux !),

    L’Essonne se jette à Corbeil-Essonnes (oui, bien avec un s à la fin) dans la Seine au bout de 80 km environ de cours.
    Mais elle a une particularité : elle porte deux noms différents selon l’endroit de son cours. Dans sa partie amont située dans le Loiret, elle s’appelle l’Oeuf. On peut donc dire que l’Essonne n’a pas de source ! lol

    Autre particularité perso : c’est la seule rivière que mon chien (un épagneul breton) ait traversée à la nage, vers Malesherbes. Bon, ok, tout le monde s’en fout, mdr.

  • Pourquoi le territoire de Belfort (90) est après l’Yonne (89) ? (Parce que niveau ordre alphabétique c’est pas ça ^^)

  • Les Côtes d’Armor ont bien le nom breton ar mor (la mer) , alors que son voisin le Finistère a bien lui le nom dérivé du latin finis terraé qui si signifie « là ou finit la terre » ,
    donc c’était une confusion entre les deux voisins .

  • Bonjour,
    Mon fils est actuellement en train d’étudier les départements français. Merci pour toutes les informations dans cette page et dans les échanges entre lecteurs. Juste un petit commentaire sur le Haut Rhin et le Bas Rhin, le premier étant au sud et l’autre au nord, mais le premier a une altitude plus élevée que l’autre… et le fleuve coule de la rivière à la mer. De plus, ne serait il pas intéressant de parler des anciens départements 91, 92 et 93 qui étaient situés… en Algérie avant 1962 ?

  • Bonjour,
    Mon fils est actuellement en train d’étudier les départements français. Merci pour toutes les informations dans cette page et dans les échanges entre lecteurs. Juste un petit commentaire sur le Haut Rhin et le Bas Rhin, le premier étant au sud et l’autre au nord, mais le premier a une altitude plus élevée que l’autre… et le fleuve coule de la rivière à la mer. De plus, ne serait il pas intéressant de parler des anciens départements 91, 92 et 93 qui étaient situés… en Algérie avant 1962 ?

  • Bonjour,
    Vous auriez pu également parler du département de (ou du) Vaucluse qui ne doit son nom ni à un massif montagneux, ni à une rivière, ni à la proximité de la mer, mai plutôt à une curiosité géologique située dans son périmètre.
    Pour faire court, ce nom de Vaucluse vient de Vallis Clausa : la vallée close ou la vallée fermée. Au fond de cette vallée, physiquement fermée par une impressionnante falaise calcaire de 230 m, se trouve une résurgence ; baptisée la Fontaine de Vaucluse, qui est l’une des plus importante au monde (21m3/s en moyenne). Cette résurgence donne naissance à une rivière : la Sorgue.

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