Malchance ou dyspraxie?

Vous avez certainement déjà dû avoir dans votre entourage des personnes qui semblaient concentrer sur eux la poisse. Maladroits, manquant d’équilibre, trébuchant…

Ils ressemblent un peu à Pierre Richard dans le film comique « La Chèvre ». Mais peut-être que ce n’est pas de la malchance, mais une maladresse pathologique appelée dyspraxie.

Ce « handicap fantôme » ou trouble développemental serait présent chez 5 à 7% des enfants de 5 à 11 ans. Dans le quotidien cela se manifeste par des chutes, des heurts, des maladresses entrainant de la casse, une difficulté à s’habiller, des problèmes d’orientation etc…Ces enfants paraissent plus maladroits que les autres enfants de leur âge. Leurs gestes sont « patauds » et plus lents. Ils boutonnent souvent dimanche avec lundi.

La dyspraxie est un dysfonctionnement cérébral qui influe sur le geste (la praxie). Chez une personne ne souffrant pas de dyspraxie, le cerveau mémorise les gestes pour qu’ils puissent être reproduits. Le dyspraxique aura des lacunes dans cette pré-programmation et tous ses gestes seront maladroits, comme s’il les faisait pour la première fois. Dans la vie de tous les jours, cela peut créer de gros bugs et aussi une certaine lenteur notamment dans l’écriture !

Il existe plusieurs formes de dyspraxies :

Les dyspraxies constructives : Il s’agit d’une difficulté à assembler des pièces pour construire un tout (faire un puzzle, réaliser un objet en Lego…). Cela donnera certainement des circonstances atténuantes à votre femme quand vous la verrez s’escrimer avec l’étagère en kit achetée chez les Suédois !

Les dyspraxies visuo-spatiales : elles cumulent une dyspraxie constructive avec des problèmes de trouble de la vision et de l’organisation de l’espace. Il sera alors difficile de garder son attention sur une ligne pour la lire, de rechercher une information dans un texte, déchiffrer un plan, et réaliser une figure géométrique avec règles équerres et compas. Alors ne parlons pas de suivre un itinéraire sur une carte, n’est-ce pas belle maman ?

Les dyspraxies idéatoires ou idéomotrices : elles se manifestent dans la difficulté à réaliser un geste avec un outil ou un objet (repasser le linge, utiliser une brosse à dent, une aiguille à coudre). Ah…cela expliquerait donc pourquoi votre cher et tendre ne repasse jamais ses chemises ! Nous espérons qu’il se lave les dents …

Après le diagnostic réalisé chez des spécialistes (neuro-pédiatres), l’enfant pourra être pris en charge par des rééducateurs (ergothérapeutes, psychomotriciens, orthophonistes, orthoptistes, et neuro-psychologues).  Ceux-ci l’aideront à mieux se comprendre et s’accepter et lui donneront des outils pour vivre le mieux possible avec ce « handicap ».

La mauvaise nouvelle, c’est que je ne suis pas sûre que l’on pourra faire quelque chose pour rééduquer votre mari au repassage ! A moins de lui faire réaliser des cartes heuristiques pour qu’il y pense!

 

A propos de l'auteur

A.Ccélère

Femme fatale aux courbes si parfaites qu’indicibles, je reste au foyer pour éviter les paparazzi et mener une vie tranquille loin des projecteurs. J’en profite pour cultiver mes neurones et m’intéresser à tout et n’importe quoi. Mes madeleines préférées sont la grammaire française, la littérature, la musique savante et la pédagogie.

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