Les terres rares

Pour qui s’intéresse au développement des nouvelles technologies en informatique ou concernant les voitures électriques, le terme de « terre rare » n’est pas rare ! La demande en ces matériaux est de plus en plus forte, entraînant une augmentation des prix et faisant de leur exploitation un enjeu géostratégique fondamental pour les grandes puissances. Découvrons ces « terres », sujettes à tant de convoitise !

Point de terre ici !

Elles n’ont de terre que le nom, car il s’agit en vérité d’un groupe de métaux comprenant le scandium (symbole chimique : Sc), l’yttrium (Y) et les 15 lanthanides allant du lanthane (La) au lutécium (Lu). S’ils sont rares, ce n’est pas en raison de leur quantité dans le sol – ils sont globalement assez abondants – mais en raison de la difficulté à en repérer les gisements et à les exploiter (ils sont toujours mélangés en faible quantité à beaucoup d’autres matériaux ce qui complique leur extraction et leur raffinage).

Leur découverte débute à la fin du XVIIIème siècle en Suède avec la mise à jour de l’yttrium et se termine en 1907 avec le lutécium. Mais il faut attendre la seconde guerre mondiale et les travaux sur la bombe nucléaire pour que soit entrepris leur purification chimique de manière industrielle. La première application « grand publique » d’une terre rare, l’yttrium, intervient dans les années 1970 avec l’apparition des tubes cathodiques couleur de télévision. Aujourd’hui, ces métaux entrent dans la fabrication de nombreux produits technologiques courants comme les batteries de véhicules électrique et hybrides, de nombreux composants informatiques ou les LED (acronyme anglais de diode électroluminescente) et pour de nombreuses applications militaires.

Stratégiques, mais polluantes !

Les réserves mondiales d’oxydes de terres rares (minerais) sont très inégalement réparties sur la surface du globe. L’Institut d’études géologiques des Etats-Unis estimerait en 2018 que la chine posséderait un peu moins de 40 % des réserves mondiales, suivi par le Brésil et le Vietnam avec un peu moins de 20% chacun, puis la Russie (environ 10%), le reste étant réparti dans l’ordre décroissant entre l’Inde, l’Australie et les Etats Unis. La Corée du Nord aurait découvert un des plus gros gisements du monde sur son territoire. Tout cela reste au conditionnel, car nous touchons-là à des réserves stratégiques sur lesquelles les états restent très discrets !

Avec 70 à 80 % de la production mondiale, la chine est en position de dominante sur le marché. En effet, bien que d’importantes réserves existent ailleurs dans le monde, elles ne sont pas toujours exploitées en raison de leur impact désastreux sur l’environnement. L’extraction et la purification chimique des terres rares nécessitent des processus complexes et coûteux entraînant le rejet de produits très toxiques (métaux lourds, acide sulfurique, produits radioactifs…). On estime que le financement d’une protection suffisante de l’environnement dépasserait les bénéfices engrangés, rendant cette exploitation non rentable.


Alors ?… On continue ?

Les conséquences écologiques catastrophiques de l’extraction des terres rares sont bien connues des états et les inquiètent de plus en plus. Il n’est pourtant pas question d’en arrêter la production. La seule « solution » proposée aujourd’hui est le développement du recyclage des produits afin de limiter en partie la croissance de la production mondiale.

Tout cela est un peu frustrant… Etes-vous vraiment certain de vouloir déjà changer de téléphone ? On a plus amusant comme cailloux

 

 

A propos de l'auteur

Axelle Rousse_Redacxelle
Axelle Rousse_Redacxelle

Femme fatale aux courbes si parfaites qu’indicibles, je reste au foyer pour éviter les paparazzi et mener une vie tranquille loin des projecteurs. J’en profite pour cultiver mes neurones et m’intéresser à tout et n’importe quoi. Mes madeleines préférées sont la grammaire française, la littérature, la musique savante et la pédagogie.

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